Louise Sigouin, éducatrice sexologue. C’est avec grand plaisir que je m’adresse aux adolescentes dans cette chronique sur la sexualité.
Votre besoin d’être informées, d’être rassurées et de trouver des réponses à vos questions telles que : « suis-je normale ? Quels sont tous ces malaises qui m’habitent? Comment m’affirmer comme femme ? » Voilà autant de raisons pour lesquelles je suis éducatrice sexologue. De plus, je me souviens comment il m’était difficile à l’adolescence de vaincre l’inconfort à parler de sexualité librement.
Encore aujourd’hui, malgré l’existence de cours sur la sexualité à l’école, les campagnes de prévention des MTS et du SIDA, il n’en demeure pas moins qu’un malaise persiste. La peur d’être jugée, la honte et la gène nous maintiennent dans un silence qui limite l’expression de notre vécu sexuel. En outre, c’est pendant l’adolescence que s’installent les fondements de notre vie sexuelle. Alors ne laissons pas de place aux mauvaises habitudes, aux préjugés, aux fausses croyances qui pourraient se répercuter à l’âge adulte. Risquons ensemble et parlons de notre sexualité.
Mais pourquoi est-ce si important de parler de notre sexualité? La sexualité fait partie intégrante de notre vie et chacune de nous s’interroge sur la normalité. De plus, elle est trop souvent utilisée pour assouvir des besoins autres qu’affectifs ou sexuels, comme se prouver sa féminité ou encore imiter les amis ou suivre la mode.
À l’adolescence, notre corps et notre personnalité en évolution nous rendent plus vulnérables que les adultes, car nous ne possédons pas le bien-être intérieur qui vient avec l’âge de la maturité. D’où l’importance de trouver sa propre vérité. C’est à cette période que les filles ne sont ni des enfants ni tout-à-fait des adultes.
L’identité sexuelle
Comment se forme notre identité? Entre 0 et 5 ans, nous développons notre identité en réalisant que nous sommes, dans un premier temps, un individu distinct, pour ensuite appartenir à un sexe : je suis du sexe féminin. À l’adolescence, c’est notre personnalité qui se définit afin de consolider notre appartenance à une identité sexuelle, celle d’être une femme.
C’est ainsi qu’à la puberté, comme jeune fille, nous ressentons un grand besoin de se différencier des autres, des attentes familiales, des modèles proposés et d’agir en fonction de ce que l’on veut être et de qui on est. C’est comme une renaissance, un nouveau départ à la découverte de l’identité personnelle et sexuelle. Mon corps vient confirmer, par ses transformations physiques, cette nouvelle réalité.
Socialement, nous avons tendance à croire que les changements psychologiques s’opèrent aussi rapidement que l’évolution physique, d’où l’attente de notre entourage face à l’apparition de nouvelles responsabilités, l’autonomie financière, le choix de carrière, etc. Pourtant, nos préoccupations à cette période sont surtout rattachées à l’orientation sexuelle, c’est-à-dire vers le sexe qui m’attire ou dont je devrais me sentir attirée affectivement et sexuellement.
L’orientation sexuelle
Si je suis attirée par des individus de sexe opposé, je suis d’orientation hétérosexuelle. Par contre, si cette attirance est pour des individus du même sexe, je suis d’orientation homosexuelle. Si ma préférence sexuelle est régulièrement orientée vers le sexe opposé, je me sens rassurée et réconfortée, car elle répond aux attentes et pressions d’un milieu majoritairement hétérosexuel. Cependant, si mon intérêt est plutôt dirigé vers une personne du même sexe, le doute l’angoisse et l’inquiétude m’envahissent. De toute évidence, l’idée de faire partie d’une minorité explique mon état émotif. L’important, c’est d’accepter son orientation sexuelle, qu’elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle.
Nos premières expériences amoureuses et sexuelles sont des étapes importantes dans notre développement psycho-sexuel. Notre besoin d’être aimée et désirée par l’autre, le désir de vivre notre nouvelle identité et orientation sexuelle sont les mêmes de nos premières amours. Hors, cette période d’exploration nous permet d’acquérir une meilleure connaissance de soi dans notre féminité, de développer notre façon de séduire et, éventuellement, de choisir l’élu(e) de notre cœur, qu’il ou elle soit du sexe opposé ou du même sexe que soi.
Les perturbations liées à cette grande transformation vers le monde adulte suscitent bien des questionnements et nous devons répondre à notre besoin d’être informées et guidées comme adolescentes. Alors, n’hésitez pas à consulter les différentes ressources communautaires et littéraires à votre disposition.
Demandez de l’aide est un signe de courage.
Louise Sigouin, sexologue
(514) 387-4088
(514) 526-0023



