Rev. Frances Kennedy, ministre du Nouveau penser. J’ai reçu l’ordination comme ministre et pasteur du Nouveau Penser de Montréal et j’ai commencé à célébrer des mariages pour Nouveau Penser dans toute la province de Québec au moment de la diffusion du téléroman des Filles de Caleb, très populaire à l’époque.
J’étais captivée, interpellée par cette tragédie et également offensée, je dois dire, par la façon dont on traitait les femmes et par la manière dont celles-ci ont été menées par le bout du nez par ces « leaders » religieux, les prêtres de l’époque, dont beaucoup d’entre eux étaient mes confrères. Vous pouvez imaginer mes sentiments lorsque j’ai été invitée à célébrer un jour, un mariage dans cette chapelle reconstruite pour la production du téléroman. Je me suis donc retrouvée là, devant l’autel, habillée dans ma robe officielle de célébrante comme ministre du culte, dans ce village de l’époque.
Moi, femme irlandaise, ministre du culte sans confession et sans détermination, ex-religieuse catholique romaine, je me trouvais à la place d’un de ces prêtres catholiques, tristement célèbre. J’ai bien senti que j’étais, moi aussi, à ma vraie place dans ce rôle officiel, surtout lorsque le moment est venu de déclarer le couple mari et femme : « Par l’autorité qui m’a été conférée par la loi en tant que nouveau pasteur du Nouveau Penser de Montréal, je vous déclare mari et femme. » À ce moment, je me suis sentie très fière de moi, car pour moi c’était l’aboutissement d’un cheminement personnel où j’arrivais de loin par rapport à toute mon éducation et mon expérience passée.
Ce fut l’occasion d’une prise de conscience extraordinaire. En réfléchissant sur cet événement de ma vie, moi femme irlandaise de ce temps de sombre domination masculine, je pouvais afin fermer la bouche à cette histoire. Ce ne fut certainement pas un hasard si j’ai eu l’opportunité de tourner la page, la mienne aussi et j’en rends grâce d’avoir pu vivre cela. Je remercie également l’organisation du Nouveau Penser. Ce mouvement ontologique qui m’a toujours attirée à cause de son enseignement, sa philosophie de grande ouverture, digne de cette ère nouvelle dans laquelle nous sommes en train d’avancer.
Le fondateur du Nouveau Penser, Bernard Cantin, par sa conviction qu’il devait y avoir une place égale pour la femme, sachant que leurs talents et leur contribution unique à la société étaient nécessaires au ministère de notre époque. Il a ainsi contribué à créer un nouveau paradigme laissant en arrière les visions désuètes antérieurement dévolues aux femmes pour ce qui est de leur contribution égale aux tâches de pasteur et de ministre de culte.
Grâce à cette ouverture nouvelle, il est maintenant démontré clairement que les femmes sont habilitées tout comme les hommes, à jouer le rôle important dans l’officialisation du lien d’amour qui unit un couple et dans toutes les tâches incombant à la transmission de valeurs spirituelles.



