Bonjour, je m’appelle Diane Tousselle et je travaille à un métier non traditionnel depuis dix-huit ans. Je suis chauffeure de camion pour la Ville de Montréal.
Par cette chronique, je vais vous expliquer mon métier non traditionnel, et cela sous forme d’entrevues avec des travailleuses racontant leurs expériences, concernant leurs atouts, leurs défis, leurs plaisirs et leurs vécus. Alors partons à la rencontre de l’information.L’hiver, alors qu’un Montréal enseveli sous la neige sommeille encore, vous risquez fort de me rencontrer au volant d’une souffleuse, d’un camion chargeur ou d’une chenille. L’été, je me glisse aux commandes d’un camion arrosoir ou d’un hache-branches. Le bonheur, quoi!
Ancienne technicienne en montage-réparation de cellules aéronautiques, j’ai décidé de quitter mon emploi pour réaliser un rêve d’enfance : conduire des camions.
Après avoir suivi un cours de routier, j’ai fait un stage à la Société des alcools où je conduisais des « vannes » de quarante-cinq pieds. Le bonheur, quoi !
Puis j’ai trouvé un emploi chez Québec Linge sur la livraison avec un camion. C’est là que j’ai réalisé que les filles au volant d’un camion n’était pas passé dans les mœurs. Je suis tombée sur un patron qui ne voulait pas de femmes dans sa flotte. Il m’a rendu la vie difficile; je ne pouvais pas me permettre le moindre faux pas. Un jour, alors qu’on discutait ensemble, il a donné un coup de poing sur la table. J’ai donné à mon tour un coup de pied sur le bureau en lui disant : « Vous allez voir, j’ai la tête plus dure que vous. Ce n’est pas parce que je n’ai rien entre les jambes que vous allez me traiter comme ça ! »
Mes atouts
Découragée, mais ayant toujours le réflexe d’aller chercher de l’aide lorsque ça n’allait pas, j’ai consulté l’organisme Action travail des femmes (ATF). Je pouvais discuter avec d’autres femmes, on s’échangeait des trucs, ça m’a encouragée à continuer. Alors, lorsque mon patron a su que j’avais fait appel à cet organisme, il s’est un peu calmé. Comme j’étais seule femme sur quarante conducteurs, je voulais toujours prouver que j’étais la meilleure. C’était une erreur de ma part. À partir de ce moment où j’ai tenu tête à mon patron et que j’ai eu confiance en moi, je me suis fait respecter.
Au début, je sentais que je n’étais pas la bienvenue dans ce métier. Aujourd’hui les mentalités ont bien sûr évoluées, mais il reste encore du chemin à faire.
Mes plaisirs
Lorsque je suis derrière mon volant, je suis une femme comblée. J’éprouve un sentiment de liberté incroyable, je suis bien. Et plus les véhicules sont gros, plus j’aime ça ! Il s’agit simplement d’avoir les nerfs solides.
Depuis que je travaille pour la Ville de Montréal, où les femmes forment presque le tiers du personnel, je trouve la vie beaucoup plus douce. Je n’ai plus à me battre, Tout ça c’est derrière moi. Même mes frères sont fiers de moi ! J’aime exercer mon métier non traditionnel et j’encourage toutes celles qui hésitent à le faire à se lancer sans crainte des préjugés.
A.T.F.
Action travail des femmes
En option non traditionnelle
Wellington
6839 Drolet, bureau 310
Montréal (Québec)
H2S 2T1
Tél : 768-7233
Fax : 768-8697
F.R.O.N.T.
Femmes regroupées
4706, rue Wellington
Verdun (Québec)
H4G 1X3
Tél : 273-7668
Fax : 273-7621



