01 mars 1999| Vol. 1, No. 2 - Mars-avril 1999 |
Oui, la pauvreté a un sexe!

Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec. Bientôt le 8 mars et nous penserons aux 2000 bonnes raisons que nous avons de marcher. Parmi elles, il y aura certainement la lutte contre la pauvreté des femmes. Pourquoi ?

Dans le Québec de 1999, la pauvreté demeure un phénomène répandu et scandaleux. Dans une province si riche, aux ressources tellement importantes, comment se fait-il que les banques alimentaires continuent de se développer et que le nombre de sans abri augmente ? Pourquoi les personnes pauvres sont surtout des femmes ?

Disons d’abord que les femmes risquent d’être pauvres parce qu’elles portent la plus grande part des responsabilités familiales, qu’elles se retrouvent trop souvent seules avec des enfants à charge et qu’elles occupent des emplois moins rémunérés que les hommes. Que voulez-vous, elles choisissent d’œuvrer beaucoup auprès des personnes (services de garde, travail social, soins infirmiers…) et notre société ne reconnaît pas ce travail à sa juste valeur. C’est tellement plus important de construire des routes!

Le marché du travail évolue vers la précarité et les femmes en sont souvent victimes. Mentionnons seulement le cas des téléphonistes que Bell veut vendre aux Américains parce qu’elles coûtent soi-disant trop cher…Pour lutter contre la pauvreté, il nous faudra décidément aller plus loin que les distributions de nourriture. Ce sont toutes les règles économiques qu’il nous faut remettre en question.

Les femmes se préparent donc à marcher de nouveau, mais cette fois dans le monde entier. Chez nous, les groupes de femmes du Québec travailleront de pair avec ceux du reste du Canada pour que la marche interpelle les provinces et le gouvernement fédéral. Un autre thème retiendra notre attention : celui de la violence faites au femmes. En effet, partout dans le monde, des milliers de femmes, sont victimes d’agressions et de dénis de droits. En Afghanistan, les petites filles ne peuvent même plus aller à l’école. Et nos gouvernements demeurent silencieux.

Les femmes du Québec sont donc conviées à s’unir dans un grand geste de solidarité et à exiger des mesures concrètes pour éliminer la pauvreté et la violence. Des revendications commencent à être discutées, des actions s’ébauchent, nous en reparlerons.