Au moment de sa fondation en 1608, Québec n’est qu’un comptoir marchand où les femmes Européennes sont pratiquement absentes. Les blancs qui arrivent en Nouvelle-France découvrent une société amérindienne où les femmes jouent un rôle de premier plan.
Les premières nations sont composées de la société algonquine où le père est chef de clan alors que la société iroquoise, d’autorité matriarcale, regroupe sous un même toit la mère, les filles et leurs familles.
Les autochtones transmettent une culture complètement différente de celle des blancs. Les activités représentant la mort comme la chasse, la pêche et la guerre appartiennent aux hommes. En contrepartie, tout ce qui symbolise la vie est associé aux femmes. Ce sont elles qui cultivent la terre nourricière et élèvent le bétail pour alimenter et vêtir la famille. De même, l’argile, l’écorce, le jonc et le chanvre sont transformés en vases, contenants, nattes et fils. Elles coupent également le bois, cousent l’écorce pour les canots, tissent la babiche des raquettes et transportent de lourdes charges d’un territoire à l’autre.
Pour les autochtones, la nature est vénérable. Tout ce qui entoure, la terre, le ciel, les rivières, les lacs et les rochers sont dotés d’une âme. Les sorciers (aussi appelés chamanes ) assurent la communication avec les esprits et cette fonction peut être assumée par un homme ou une femme de la tribu. Une vieille dame montagnaise racontait que la terre représente l’énergie et qu’elle est la propriété de la communauté. L’organisation sociale est donc basée sur le partage et la distribution.
Dans certaine société, les femmes ont véritablement plus de pouvoir que les hommes, plus de responsabilités et, par conséquent, plus de travail. Les plus âgées deviennent chef de clan. Celles-ci ont le pouvoir de décider de la paix ou de la guerre. Elles négocient les mariages, déterminent les relations sexuelles et les enfants leur appartiennent, car ce sont elles qui donnent l’identité du clan. L’éducation des enfants est basée sur l’autonomie personnelle plutôt sur la soumission à l’autorité. Très jeunes, les enfants jouissent d’une grande liberté sexuelle et le viol n’existe pas. Ils vivent en communion avec la nature et respectent toutes les lois.
" Mais l’histoire de mon peuple commence par l’écho de ma parole en magnificence dans le cœur et la bouche de mes enfants. Et la vérité de mes paroles me vient autant de la femme qui m’a mis au monde que celle qui enfante la nation et dont j’incarne la pure vision. La vérité vient aussi de la terre féconde et de la constante écoute des voix sacrées du ciel qui me dictent dans mes rêves la voie essentielle. Celle qui me mène sur le sentier de ma sagesse. Où j’apprends que la simplicité est la vraie noblesse. La vérité me vient encore de tous les animaux ; ceux qui rampent et ceux qui marchent sur le sol ceux qui nagent au plus profond des eaux et ceux qui font valser le ciel dans leur envol. La vérité me vient toujours de la ronde des saisons car l’essence de mon existence et de ma culture c’est le respect de tout ce qui respire sans exception. Ma culture est une action de grâce à la nature."
Extrait du poème Amérindien de Raoul Duguay.
Bibiane Leblanc, Johanne Leblanc



