En cette année internationale des Aînés, nous aimerons vous faire part du cas d’une charmante dame qui a accepté de ma confier le bout de chemin fait depuis une quarantaine d’années avec une compagne discrète en début de relation puis, envahissante et contrôlante jusqu’en 1997.
Madame Colombe m’a parlé de ses démarches entreprises auprès de ressources en relation d’aide et de réadaptation. «Pour alléger ma souffrance, je buvais plus que ma capacité physique pouvait le supporter. J’avais les numéros de plusieurs lignes d’écoute téléphonique qui me servaient au besoin. J’avais souvent cette phrase qui me revenait en tête : À quoi ça sert de?» L’alcool lui a répondu à plusieurs reprises.
«Je me souviens qu’un jour, je me suis levée avec l’idée de vivre sans boire. De jour en jour, cette idée faisait son bout de chemin.» Elle mentionne qu’à sa dernière thérapie à Dollard-Cormier, l’idée de quitter lui revenait souvent. « J’étais impatiente, je voulais quitter. Les intervenants me demandaient de reporter mon départ au lendemain, puis au lendemain et au surlendemain. Lors des deux premières semaines de mon séjour, une pensée me suivait : «Si tu quittes, tu ne pourras jamais savoir si tu es capable de t’en sortir.» Madame Colombe a terminé son séjour à l’interne et a poursuivi sa démarche à l’externe à notre programme spécialisé pour les personnes de 55 ans et plus. La foi, la croyance et le pardon sont des mots qui sont revenus à plusieurs reprises lors de la conversation.«Je me sens heureuse aujourd’hui. J’apprécie la vie et me considère chanceuse d’avoir une bonne santé, après ce long questionnement de : À quoi ça sert?»
Pour Madame Colombe et pour d’autres personnes, la non consommation de psychotropes fait partie d’un mode de vie. En ce qui me concerne d’autres gens qui nous consultent, la diminution ou l’arrêt temporaire de consommation de psychotropes (drogues y compris l’alcool) fait partie d’un autre scénario de vie. L’abstinence est un moyen, mais il n’est pas le seul à envisager lors d’une démarche. Depuis quelques années, le Centre Dollard-Cormier s’est tourné vers une approche de réduction des méfaits qui n’exclut pas et n’exige pas l’abstinence. En d’autres mots, cela veut dire que la consommation de psychotropes n’est pas la cible première. Nous évaluons avec la personne concernée et ce qu’elle est prête à faire afin de les atténuer pour améliorer sa vie personnelle, sa vie de couple, sa vie familiale ou sa vie professionnelle et sociale. Nécessairement , la ou les substances (les drogues) seront remises en cause parmi d’autres composantes de la vie. Si la personne tient à retrouver ce qu’elle a perdu ou si elle craint de perdre, elle fera le nécessaire pour gagner et non poursuivre ses pertes, Alors, nous accompagnons la personne soit vers l’abstinence ou la diminution de la consommation de psychotropes.
Nous tenons à remercier Madame Colombe de sa disponibilité et de sa générosité. Elle a maintenant retrouvé une compagne fière d’allure, courageuse, respectueuse et aimante, soit elle-même.
À la prochaine
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