01 juin 1999| Vol. 1, No. 3 - Juin-Juillet 1999 |
Dire non à la violence!

Récemment, une publicité du gouvernement du Québec est parue dans La Presse et affirmait que 10% des adolescentes connaissent la violence dans leurs relations amoureuses. Malgré l’importance accordée au cours des dernières années à la prévention de la violence faite aux femmes, il semble que le problème persiste.

À l’adolescence, le besoin d’expérimenter une relation amoureuse est omniprésent. De plus, le besoin d’amour et de reconnaissance caractérisant cette période prépare difficilement l’adolescente à la réalité du couple.

Une relation amoureuse requiert un intérêt réciproque, une confiance minimale, un respect mutuel favorisant l’ouverture à l’autre et surtout une valorisation de soi permettant la satisfaction de ses besoins relationnels, affectifs et sexuels.

Il semble que les prémices de l’estime de soi expose davantage les adolescentes à la violence. De plus, par peur de se retrouver seules sans amoureux, de perdre la reconnaissance des autres et même d’être brutalisée, elles acceptent l’inacceptable.

L’inacceptable, c’est cette violence qui ne laisse pas de trace apparente. Parmi ces formes de violences on retrouve la violence psychologique, qui se manifeste par des attitudes méprisantes et hostiles, des propos humiliants et infériorisants. De plus, certaines victimes de cette forme de violence subissent le contrôle de leurs activités et fréquentations par leur amoureux.

La violence verbale, pour sa part, se caractérise par les insultes, les injures, les cris, les menaces. La subtilité de cette violence porte une atteinte directe à l’estime de soi, à la confiance en soi et maintient la victime dans un état d’insécurité et de peur continuelles au sein de la relation.

Habitées par de tels sentiments, il est facile d’imaginer la perte de liberté que vivent les adolescentes dans l’expression de leur sexualité et plus encore de leurs limites et préférences dans l’exercice de la sexualité. La violence sexuelle, c’est l’ensemble des comportements et attitudes violents qui s’expriment par le biais de la sexualité. Le harcèlement sexuel, l’agression sexuelle (viol), l’inceste, la pornographie et le prostitution sont les types d’exploitation sexuelle les plus répandus.

Ainsi menacées, contraintes et envahies dans leur intégrité physique et psychologique, les adolescentes ont souvent l’impression d’être un objet sexuel ayant pour fonction de répondre aux besoins sexuels de l’autre et qu’il s’agit du prix à payer pour être aimée.

Dans ma pratique professionnelle, il m’arrive couramment de constater l’impuissance ressentie par ces femmes, ces adolescentes, qui sont convaincues de ne pas avoir d’autre choix. La peur, la honte et la culpabilité paralysent les victimes. Nous devons accueillir ces adolescentes avec ouverture d’esprit afin de leur permettre de sortir de l’isolement.

Dans un premier temps, il faut accepter, en tant que parents, éducateurs ou intervenants, que ces adolescentes sont persuadées d’être profondément amoureuses de leur partenaire et que le problème, c’est elles! C’est pourquoi la loi du silence est difficile à briser. Deuxièmement, en arriver à leur permettre de travailler leur amour-propre et leur accorder le droit à des limites en aidant à les identifier et à les respecter. En d’autres termes, ces jeunes femmes sont en droit d’aimer leur partenaire, mais l’exercice consiste à s’aimer soi-même d’abord et dire non à la violence de l’autre.

Ces expériences peuvent affecter profondément les sentiments de confiance et de sécurité intérieures si importants à l’épanouissement personnel, relationnel et sexuel. Donc, n’hésitez pas à communiquer avec les différentes ressources disponibles si vous avez besoin d’aide ou simplement pour obtenir de l’information.

S.O.S. violence conjugale : Montréal (514)873-9010

Agression sexuelle :
Montréal (514) 934-4504

Tel-jeunes :

Montréal(514) 288-2266

Louise Sigouin éducatrice-sexologue
(514) 332-2929