01 octobre 1999| Vol. 1, No. 4 - Octobre-Novembre 1999 |
Les centres locaux d'emploi: une ressource aux retombées positives pour le communautaire

À mon centre local d’emploi, suite aux critiques auxquelles vous faites face en ce moment. Je voudrais vous dire que le soutien que vous avez apporté au monde du communautaire est une richesse irremplaçable.

Nous, du Centre de femmes de Pointe-aux-Trembles, sommes un organisme sans financement récurrent. Notre survie dépend des programmes d’employabilité. L’an dernier, 90 familles (ce qui représente 2070 places en garderie) ont pu bénéficier de notre Halte répit entièrement gratuite. Quelle était notre clientèle ? Souvent des mamans dépressives qui avaient besoin de soutien pour s’en sortir, des mères monoparentales à bout de souffle, d’autres qui retournaient aux études pour terminer leur secondaire.

Toutes les femmes n’avaient absolument pas les moyens financiers de payer cinq dollars par jour, d’autant que la plupart d’entre elles sont prestataires de la Sécurité du revenu. Lorsqu’on sait que ces femmes se trouvent au-dessous du seuil de la pauvreté et qu’elles ont de la difficulté à faire manger leurs enfants, on ose à peine imaginer ce que représente pour elles le fait de payer 25$ par semaine pour faire garder leurs enfants. C’est pratiquement impossible.

De plus, grâce aux programmes d’employabilité du CLE, le journal Paroles de femmes a vu le jour. Ce journal donne la parole aux femmes et les renseigne sur les services que le monde met à leur disposition. Paroles de femmes a aussi permis à des personnes exceptionnelles de mettre en pratique leur créativité.

Cela est vrai pour nous et pour tous les organismes communautaires qui ont profité des programmes d’employabilité du CLE. Toutefois, je tiens à souligner que nous sommes conscientes que les programmes d’employabilité ne sont pas la seule solution idéale pour les femmes désirant retourner sur le marché de l’emploi. Par contre, en les intégrant au milieu communautaire, nous pouvons au moins leur offrir un encadrement et un endroit sécurisant où faire valoir leurs compétences.

Merci au Centre Travail-Québec. Mon plus grand regret maintenant, c’est que nous devons fermer la porte à toutes les mamans qui viennent nous demander un répit parce que nous n’avons pas d’accès à vos programmes d’employabilité.

Gisèle Pomerleau, directrice du Centre de femmes de Pointe- aux-Trembles et éditrice du journal Paroles de femmes.