Il y a trois ans , quand ma conjointe Nicole et moi avions décidé d’avoir un enfant, nous étions les seules lesbiennes de notre entourage intéressées à fonder une famille.
Après de longues discussions, nous avons opté pour une banque de sperme et j’étais celle qui porterait l’enfant. Notre premier choc fut d’apprendre qu’au Québec, les cliniques de fertilité font de la discrimination en niant l’accès aux femmes hétérosexuelles ainsi qu’aux lesbiennes seules ou en couple. À notre grande surprise, il n’existait aucune ressource disponible au Québec pour aider notre démarche. Nous avons décidé que si nous réalisions notre projet d’avoir un enfant, nous formerions un groupe de mères lesbiennes pour transmettre l’information aux autres lesbiennes et apporter du support aux mères et aux enfants.
« Aussitôt qu’un peu de publicité fut faite au sujet du groupe, la réponse fut impressionnante »
L’association des mères lesbiennes (AML) est née en septembre 1998 (notre fils Léo avait alors un mois). Aussitôt qu’un peu de publicité fut faite au sujet du groupe, la réponse fut impressionnante. Nous avons reçu des appels de lesbiennes de partout au Québec. Les méthodes choisies pour devenir mère étaient très variées. Certaines avaient eu des enfants lors d’une union hétérosexuelle antérieure, d’autres avaient demandé la participation d’un ami (hétérosexuel ou homosexuel) d’autres avaient opté pour une banque de sperme (torontoise ou américaine ) et enfin, certaines avaient opté pour l’adoption ou la famille d’accueil. Nous n’étions plus seules!
Au cours de la dernière année, nous avons eu des conférences variées et des groupes de discussion. Une semaine s’est tenue sur l’insémination, une avocate spécialisée dans le droit familiale est venue nous parler de nos droits et devoirs de mères lesbiennes. Une travailleuse sociale de l’organisme « Batshaw youth and family services » est venue nous expliquer qu’il était possible de devenir une famille d’accueil même pour des lesbiennes. Les groupes de discussion ont porté sur des modèles masculins pour nos enfants, la mère biologique et la famille monoparentale.
Du côté juridique au Québec, c’est le néant. En Ontario en 1995, quatre groupes lesbiennes se sont vus donner des droits d’adoption, mais au Québec en raison du code civil différent, le problème est plus complexe et une telle demande d’adoption ne s’est jamais faite. Certaines mères lesbiennes ont eu recours à la délégation de l’autorité parentale pour permettre à la mère non biologique, de prendre des décisions en l’absence de la mère biologique, mais ce document n’est pas l’équivalent d’une adoption et pourrait être contester. Un des objectifs du groupe est de porter devant les tribunaux une cause-type.
L’Association des mères lesbiennes tente d’organiser chaque mois pour les mères une discussion de groupe ou de conférence. Le groupe est bilingue et chaque réunion se tient en français avec traduction. Nous tentons de créer des liens avec l’Association des pères gais et lesbiennes intéressés à avoir des enfants dans leur vie à notre groupe.
Les personnes intéressées peuvent contacter l’Association des mères lesbiennes au 514-846-1543 ou au 514- 277- 7052.
Mona Greenbaum
(traduction :Nicole Paquette)



