Du rêve à la réalité. Robertine Barry est la première femme à gagner sa vie comme journaliste au Québec.
En 1891, elle est chroniqueuse du plus important quotidien montréalaise La Patrie, premier journal à intégrer une femme à son personnel de rédaction.
Pendant près de dix ans, elle fut la rédactrice de la chronique de lundi, sous le nom de plume Françoise.
Sa plus grande réalisation en tant que journaliste fut la fondation du journal de Françoise, un magasine publié de 1902 à1909 et sous-titré la Gazette Canadienne de la famille, conçue en premier lieu pour les femmes. Il reflétait, en outre, l’intérêt que Robertine Barry portait à la littérature, en publiant des œuvres d’écrivains distingués du Québec.
Tout au long de sa carrière, Robertine Barry défend la justice sociale, les droits des femmes, la formation professionnelle, le droit à l’éducation à tous les niveaux et les bibliothèques publiques.
Elle est la première femme à prendre la parole devant les membres de l’Institut Canadien au Québec, elle est également déléguée à l’Exposition Universelle de Paris, et représentante du Canada à l’Exposition de Milan.
Autrefois, les femmes utilisaient un pseudonyme pour signer leurs écrits. En 1936, Fernande Blais Vanier, jeune fille au sourire magnifique, écrivait sous le nom de Mousmé dans le journal de l’Université Le Carabin. Son grand talent pour l’écriture donne lieu à un débat. On disait que seul un homme pouvait écrire d’une façon aussi intelligente.
Aujourd’hui, les femmes n’ont plus à se cacher sous des pseudonymes; elles expriment leurs opinions ouvertement.
En 1910, l’année suivant sa mort, la ville de Montréal nomme une rue en son honneur. En 1984 l’Institut canadienne de recherches sur les femmes décerne le Prix Robertine Barry au meilleur article ou la meilleure chronique féminine.
En 1875, Robertine Barry déclarait ce qui suit : «Patience, pourtant, cela viendra. Je rêve mieux encore, je rêve tout bas que les générations futures voient un jour, dans ce vingtième siècle qu’on déjà nommé le siècle de la femme, qu’elle voit, dis-je, des chaires universitaires occupées par les femmes».
Aujourd’hui le rêve de Madame Barry s’est réalisé. Nos universités sont remplies de filles et les prénoms féminins prennent du gallon. Madame Greta Chambers est chancelière à l’Université de McGill et Madame Lise Bissonnette, après avoir dirigé le Devoir, est présidente directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec.



