Chaque jour, il y a un temps pour dénoncer la violence dans la société, un temps pour appréhender les personnes qui agressent, et un temps pour supporter les victimes de ces agressions. Le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels ( CAVAC ), c'est surtout un engagement vis-à-vis les personnes touchées par la violence.
Depuis 15 ans, ce Centre emploie des intervenant(e)s qui se soucient et s'impliquent auprès des victimes d'agressions. Depuis plus d'un an maintenant, il y a un bureau du CAVAC dans Pointe-aux-Trembles.
Toutes les personnes y viennent avec des vécus différents. Chacune a son histoire unique.
Pour certaines, elles peuvent avoir subi récemment une agression. Les agressions peuvent être de nature verbale, psychologique, physique, sexuelle ou financière. Bouleversées, envahies par des pensées et des émotions, elles sont troublées. Des tensions physiques, des difficultés de sommeil apparaissent. Des changements dans les habitudes alimentaires ou d'autres habitudes quotidiennes les inquiètent. Des fois, tout va trop vite, d’autres fois tout va trop lentement. Pourtant, la vie continue autour d'elles et plus encore. Il est possible qu'elles doivent collaborer avec les policiers et avec les procureurs de la Couronne au palais de Justice pour renforcer la protection. Aussi, il se peut qu’elles veuillent des indemnisations pour des services nécessaires mais si dispendieux. Tous ces changements sont nouveaux pour elles, par conséquent, les démarches et les recours leur sont souvent inconnus.
Pour d’autres, elles ont vécu il y a longtemps des abus, de la violence. Les conséquences les poursuivent encore aujourd'hui. Elles peuvent ressentir de l'angoisse, de la honte, de la tristesse. Un sentiment d'injustice les habite, comme si on leur avait retiré leur quiétude, leur droit de s'épanouir pleinement. Elles veulent savoir après plusieurs mois ou années, comment se débarrasser des conséquences qui perdurent.
Dans d’autres cas, ce sont des personnes qui se questionnent. Elles se sentent inconfortables ou malheureuses lorsqu'elles côtoient une personne de leur entourage. Des paroles, des regards, des actions qui blessent ou qui choquent. Mais, elle ne peuvent savoir si leur émotion est légitime. Elles pensent qu'elles exagèrent ou qu'elles empirent elle-même la situation. Cependant, leur intuition leur dit tout de même que quelque chose ne va pas.
Il arrive aussi que des personnes supportent un enfant, une amie, un conjoint ou conjointe qui a été agressé ou bien des gens endeuillés. Les personnes aidantes ou endeuillées peuvent ressentir elles-mêmes des peurs, de la colère, de la tristesse, de la fatigue. Bien souvent, elles sont à la recherche de d'autres façons d'aider la victime.
Si vous vous retrouvez dans l’une ou l’autre de ces situations et que vous avez besoin d’aide, au CAVAC, on vous répondra adéquatement. On y trouve de l’écoute attentive et compatissante. C'est aussi un lieu pour comprendre ses réactions après les agressions; pour trouver des moyens pour en surmonter les conséquences et pour obtenir des informations sur nos droits à la protection de notre personne et la réparation des préjudices subis.
Le travail des intervenant(e)s consiste à discuter avec chacune de ces personnes touchées par les agressions. Que ce soit dans des conversations téléphoniques ou dans des rencontres au bureau du CAVAC., ils les accompagnent dans leurs questionnements à propos de leurs réactions psychologiques et physiques, dans leurs démarches pour l'exercice de leurs droits et dans leur processus de reprise de pouvoir et d'équilibre dans leur vie.
Toutes les personnes y sont bienvenues, quelle que soit leur âge, leur sexe, leur origine, leur identité et leur orientation sexuelle.
Vous pouvez rejoindre le bureau du CAVAC au 645-9333. Les conversations sont bien entendu confidentielles et l'aide apportée est gratuite.
Site Internet: www.cavac.qc.ca
Sébastien Nadeau, intervenant



